La présumée kidnappeuse Idiatou Diallo avait tenté d’égorger sa mère

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TENTATIVE D’ENLEVEMENT D’UNE ELEVE DE CLEMENCEAU
La présumée kidnappeuse avait tenté d’égorger sa mère
La dame A. Diallo, accusée de tentative d’enlèvement sur une mineure, n’est pas saine d’esprit. Elle avait tenté, dans le passé, d’égorger sa mère et avait été internée à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. En attendant que la justice décide de son sort, elle a fait l’objet d’un retour de parquet, hier.

Ça s’accélère dans le dossier de la dame A. Diallo, accusée de tentative d’enlèvement d’un enfant de 7 ans, jeudi dernier. Hier, elle a fait l’objet d’un retour de parquet. Sur injonction des hautes autorités de la police nationale, les enquêteurs de la Sureté urbaine de Dakar n’ont pas mis du temps pour cuisiner la mise en cause et ses proches.

Selon nos sources, les premiers éléments de l’enquête des hommes du commissaire El Hadj Cheikh Dramé montrent que la présumée kidnappeuse ne jouit pas de ses facultés mentales. Une fouille dans ses bagages a permis de trouver deux numéros de téléphone : celui de sa sœur et de son ex-époux. Et les enquêteurs sont entrés en contact avec eux. Nos informateurs, qui n’ont pas voulu donner plus de détails sur leurs filiations, soutiennent qu’ils ont déclaré que la dame Diallo n’est pas saine d’esprit et est de nature violente. Une thèse que son médecin traitant a confirmée. Sa mère, elle aussi, est décrite comme une déficiente mentale.

Aux dires de ses proches, dans le passé, elle avait tenté d’égorger sa propre mère. N’eussent été les témoins, elle allait commettre l’irréparable. Lors de leur face-à-face avec les enquêteurs, les deux personnes ont confié qu’après cet épisode, A. Diallo a été internée à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. A sa sortie, elle a été confiée à son père vivant dans un village situé à la frontière sénégalo-guinéenne. Certains se sont demandé comment elle a fait pour s’échapper des mains de son père qui veillait sur elle comme du lait sur le feu. La dame a 36 ans, contrairement à ce qu’elle avait déclaré lors sa première audition au commissariat d’arrondissement de Rebeuss, précisent nos sources. Elle a des enfants avec son ex-époux.

A. Diallo a été arrêtée jeudi dernier, alors qu’elle tentait d’enlever devant l’école Clémenceau de Dakar-Plateau, O. S. D., une élève de 7 ans. La victime, en classe de Cp, a été sauvée par un témoin de la scène. Ce dernier, intrigué par les pleurs de l’enfant, a fini par alerter un agent de la police en faction dans les parages. Arrêtée, A. Diallo, qui a failli être lynchée par une foule en furie, sera conduite en taxi au commissariat de Rebeuss. Avant d’être transférée le lendemain à la Sûreté urbaine de Dakar.

Selon les informations de Libération, le Procureur de la République a ouvert une information judiciaire pour enlèvement d’un enfant de moins de 7 ans et requis le mandat de dépôt contre Idiatou – et non Aïssatou – Diallo.
En faveur d’un retour de parquet faisant suite à son défèrement, cette Sénégalaise âgée de 26 ans et née à Dakar, sera face aujourd’hui au magistrat instructeur qui sera désigné pour piloter l’information.
Même si les témoignages quant à son état mental convergent, il n’en demeure pas moins que l’enquête diligentée par le commissariat de Rebeuss, puis par la Sûreté urbaine (SU) laisse apparaître des zones d’ombre qui ont sans doute motivé la position du parquet qui ne veut laisser aucune place au doute.
L’affaire commence lorsque le commissariat de Rebeuss est informé de la tentative d’enlèvement d’un enfant au niveau de la Poste de Médina. La source indiquait que Idiatou Diallo l’avait dépassée au niveau du vendeur de journaux en tirant la main d’une jeune fille qui se débattait de toutes ses forces. L’ayant interpellée, la dame lui a répondu qu’elle était sa fille et qu’elle refuserait de se rendre à l’école. La fillette dément, ce qui a motivé la « source » à alerter la Police.
Les policiers sur place, le dénonciateur indique que Idiatou Diallo avait une attitude « normale » mais « jouerait » à la déficiente mentale dès qu’elle a été informée de l’arrivée des flics. Interrogée sur place, celle-ci n’a pas répondu aux questions des enquêteurs.
Quant à la fille, Oumou S. D, elle a indiqué que c’est de retour de son école qu’elle a croisé la dame qui lui a donné deux pièces de 50 FCFA, qu’elle a refusé de prendre, pour la suivre à son domicile ce qu’elle a refusé de faire. N’empêche, la dame a essayé de l’amener de force avec elle, ce qui a motivé ses cris.
Fouillée à corps, il n’a été trouvé aucun papier sur Idiatou Diallo si ce n’était un papier avec deux numéros de téléphone, caché dans ses parties intimes. Face à la gravité des faits, Idiatou Diallo
est automatiquement placée en garde à vue suite à une enquête de flagrance.

L’enlèvement est bel et bien réel

Lors de son premier interrogatoire, Idiatou Diallo a été, très logique, au début. C’est elle même qui révélera aux enquêteurs, son nom, son lieu de résidence, avant de révéler qu’elle était divorcée et mère de trois enfants.
Elle enchaîne : « Moi je me rendais à la Médina pour chercher quelque chose quand j’ai aperçu une petite fille qui marchait à côté de la route. Je me suis approché d’elle et elle a commencé automatiquement à pleurer. J’ai alors décidé de la conduire auprès des policiers qui étaient en faction quelques mètres plus loin. Là, un homme m’a interpellé mais j’ai continué ma marche… Où est Chérif ? »
Malgré l’insistance des enquêteurs, Idiatou commencera à divaguer en réclamant la présence de ce mystérieux Chérif. Ensuite, elle dira qu’elle a envie de manger du… ’’cebuu jen’’ (riz au poisson). L’interrogatoire est brièvement interrompu et elle n’en dira pas plus.
Mais Chérif sera identifié comme étant Chérif S., son ancien mari qui a révélé effectivement avoir eu deux filles et un garçon avec la mise en cause. Il indiquera aux enquêteurs avoir quitté cette dernière en 2003 car elle était de venue un danger pour lui et leurs enfants. « Je vous dis qu’elle est très violente en cas de crise et il est très fréquent qu’elle s’en prenne à son entourage et à des personnes qu’elle ne connaît pas ». « Elle a eu à déchirer sans raison mes habits. Même ma mère a eu à subir ses violences. Elle s’était attaquée à elle avec une lame de rasoir et menaçait de la tuer », a confirmé la sœur de Idiatou, D. Diallo.
Et d’ajouter que celle-ci a été d’ailleurs internée à l’hôpital Dalal Khel avant d’être évacuée en Guinée pour se soigner. C’est en regardant les images diffusées dans les réseaux sociaux, suite à son arrestation, que sa famille s’est rendue compte qu’elle avait réussi à revenir à Dakar.

La santé mentale de Idiatou Diallo en question

Dans le cadre de la procédure, les enquêteurs ont entendu L. G. Boissy, le médecin qui la suivait à l’hôpital psychiatrique de Thiaroye. Ce dernier a confié avoir détecté chez elle des troubles d’humeur de type maniaco-dépressif récurrentes qui se manifestent par « des troubles de l’humeur, un port de tenue extravagante, des moments de colère avec des propos délirants de persécution voire une mythomanie ».
Le spécialiste a révélé par ailleurs que la maman de Idiatou Diallo est sa patiente depuis 15 ans puisqu’elle souffre elle aussi de troubles psychiques. Cette dernière qui a reconnu être sujette à des troubles a lancé cette sentence aux enquêteurs après avoir rappelé que sa fille lui avait fracturé le bras : « Elle est un danger pour elle- même mais aussi pour les autres ».

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